Okja: tout n’est pas bon dans le cochon

Avec Krokette, nous avons enfin regardé Okja, le film produit par Netflix, sélectionné pour Cannes et qui a fait tant de bruit.

Loin de ces débats et considérations, on a voulu tester pour voir ce que cela donnait.

Le pitch est simple:
« Lucy Mirando qui est à la tête de la société Mirando Corporation annonce la création de cochons géants. Vingt-six seront élevés par le monde selon les spécificités locales et au bout de dix ans, un des cochons sera couronné le plus beau cochon.
Mija vit avec son grand-père dans les montagnes sud-coréennes en compagnie d’un de ces cochons qu’elle appelle Okja.
Alors qu’Okja est l’objet de lutte entre la société Mirando Corporation et les membres du Front de Libération Animale, Mija fait tout son possible pour retrouver sa meilleure amie. 
»

Pour vous situer Okja, pour ceux qui ne l’aurait pas vu le film ni la bête, en gros c’est le dragon de l’Histoire sans fin croisé avec un hippopotame.

J’avoue qu’après les premières minutes, convenues mais sympas, qui ressemblent à une sorte de Ghibli en live-Motion (un animal fantasmatique ami avec une jeune fille dans des décors forestier/champêtres),je me suis mit à suivre le film à reculons après les premiers dialogues avec le grand-père. On s’en que entrée de jeu il a menti à sa petite-fille sur Okja et toute l’histoire qui va suivre est ainsi déflorée en 5 minutes.
J’avoue que les films où l’on joue sur l’injuste et la tristesse avec des « animaux » pour victimes, mon petit cœurs sensible a du mal. Je me préparais donc à une crise émotionnelle certes cousue de fil blanc mais jouant sur ma corde sensible.

Et là…c’est le drame. Car tout l’enrobage que le réalisateur Bong Joon-ho met autour est tellement caricaturale et/ou sans queue ni tête que le film perd toute émotion, toute tristesse, tout intérêt.

⚠️ La suite peut contenir du spoil !

La méchante directrice, mal jouée par Tilda Swinton, est tellement caricaturale que le personnage perd toute épaisseur: je suis méchante parce que j’aime l’argent. Et le reste n’a pas d’importance. Je suis la caricature grotesque du grand capital qui ne vit que pour le profit et fait mal aux animaux.

La séance de « torture » de Okja aurait pu jouer sur mon empathie pour les animaux, si celle-ci n’était pas infligée par un vétérinaire alcoolo-dépressif encore plus ridicule qu’un mauvais Ace Ventura.

La pseudo machination de sa sœur jumelle machiavélique pour reprendre le pouvoir, car tout le monde sait que ça se passe comme ça dans les grandes entreprises capitaliste, est juste…rien en fait. Ça n’a tellement rien avoir avec l’histoire et traité au 3e plan que l’on s’en moque royalement.

Et je vous passe les pieds nickelés du Front de Libération des Animaux.

Outre les 5 ou 10 premières minutes, je ne sauverai que la scène à la fin où Okja et Mija arrivent à sortir de l’usine/camp de concentration à super cochons, et qu’une famille parvient à faire s’échapper leur petit en le faufilant sous les barbelés.

⚠️ Fin du spoil.

Bref, vous l’aurez compris, à l’inverse de Krokette, je n’ai pas aimé le film et je ne comprends pas la hype qui s’est instaurée autour de lui. Le message sur  lasur-consommation et le mauvais traitement des animaux aurait pu être tellement mieux abordé. Le pathos que cela aurait pu engendrer, et la réflexion que cela aurait pu susciter, sont complément balayés par les clowneries grotesques du reste du film et l’on se voit obligé de tout jeter avec l’eau du bain.

Netflix est connu pour ses séries et est bien meilleur dans ce domaine.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge